Décès du Professeur Gérard Nahon

C’est avec une infinie tristesse que nous apprenons aujourd’hui le décès du professeur Gerard Nahon (Z’l).

Le professeur Nahon à participé durant de très nombreux mois à l’élaboration et à la réalisation de la maison Rachi, aux côtés du commissaire de l’exposition Madame Delphine Yagüe.

Son nom est dorénavant indissociable de l’ensemble des écrits qui figurent dans l’exposition permanente ainsi que de la recherche historique et scientifique des noms des descendants de Rachi inscrits sur le vitrail et des collections de livres placées dans la bibliothèque Yaël Pitoun.

La maison Rachi lui doit énormément. Elle ne serait assurément pas ce qu’elle est aujourd’hui sans son indéniable apport. Il lui sera toujours rendu hommage dans notre communauté tant il fit preuve, lors de la réalisation de ce projet d’un très grand sens des responsabilités et d’une érudition sans limites.

Nous présentons à sa femme, à ses enfants et à ses petits-enfants nos plus sincères condoléances attristées, empruntes d’admiration, d’affection et de reconnaissance.

Ses obsèques ont eu lieu aujourd’hui à Jérusalem.

– Hommage au Professeur Gérard Nahon z’l –

Le Professeur Gérard Nahon, figure immense du judaïsme français nous a quittés. Chercheur infatigable et pédagogue éclairé, il a consacré sa vie à l’étude de l’histoire du judaïsme et à son enseignement, cet acte de transmission fondateur et fécond dont les textes sacrés nous font une ardente obligation.

Nous avons eu, rabbins de France, le privilège de bénéficier de ses leçons à l’Ecole Rabbinique de France. Ce maître nous a emmenés sur les chemins d’une connaissance rigoureuse, en nous aidant à la compréhension des rites, en aiguillant notre curiosité, et en nous transmettant sa passion de l’histoire et la profondeur de sa réflexion, toujours illuminées par sa foi. Il appliquait, littéralement, les enseignements des Sages d’Israël en veillant à encourager ses élèves et à les aider à « grandir » dans le sens noble du terme. Le Professeur Nahon était la bonté personnifiée, il portait bien son prénom hébraïque Abraham ; comme le premier Patriarche, il était l’homme du Hessed, de la bonté.

Qui ne l’a vu dans son séminaire de l’EPHE disserter sur des procès de l’inquisition ou sur la vie des communautés d’Amsterdam, de Bayonne ou de Bordeaux n’a pas vu un grand savant dans son univers et dans toute sa modestie.
Le professeur Nahon aura marqué des générations de sa culture, de sa sagesse et de sa bienveillance. Ce grand savant, modeste et généreux, dont la science a été saluée par de nombreuses distinctions, ce grand du judaïsme, ce chef de famille aimant, va manquer à notre communauté.

Je voudrais saluer la mémoire du maître qui nous a fait aimer l’Histoire, celui qui a su donner à l’histoire du judaïsme, en particulier séfarade, ses lettres de noblesse.

Il était une référence, celui dont j’attendais l’avis et les conseils, et qui, avec sa chère épouse, incarnait la bonté et la sagesse…sans oublier l’humour !
Il y a quelques jours encore, lors de ma dernière visite, alors que nous dissertions de son dernier ouvrage, il était tel que toujours, curieux du monde et aimant la culture.

Il est parti, comme il avait vécu, paisiblement, mais nous ne l’oublierons pas.

Barouhk Dayan Haemet Que sa mémoire soit bénie
Haïm Korsia
Grand Rabbin de France Membre de l’Institut